L’épuisement professionnel occupe actuellement une place très importante au sein des organisations, car il représente l’une des principales causes d’absence au travail. En effet, les diagnostics de « burnout » ne cessent d’augmenter, car le phénomène du stress en milieu de travail est de plus en plus prenant.
En 2004, Statistique Canada rapportait 3 400 000 cas d’épuisement professionnel au Canada et 800 000 au Québec. Selon le site Internet de l’Association Canadienne pour la santé mentale, approximativement 40% des réclamations pour cause d’invalidité en milieu de travail sont reliées à un problème de santé mentale et en date d’aujourd’hui, ces chiffres ont augmentés. Toujours selon cette association, plus de 25% des travailleurs œuvrant au Québec affirment ressentir un stress élevé au travail.

Cette problématique d’épuisement professionnel ne va pas en diminuant, au contraire, elle ne cesse d’augmenter. Ces problèmes de santé mentale entrainent des périodes d’invalidité de longue durée et provoquent également des risques de rechute très élevés.

Après un épisode d’épuisement professionnel, les personnes qui en ont souffert se sentent souvent plus vulnérables, fragiles, voir plus faibles. Elles anticipent beaucoup leur retour au travail, car elles ont peur de tomber à nouveau. Elles ont peur de revivre la même situation et de ne pas être assez fortes pour se relever une autre fois.

Actuellement, nous retrouvons très peu d’études au sujet de la réinsertion professionnelle des gens qui ont vécu un épisode d’épuisement professionnel. Nous en retrouvons également très peu au sujet de la rechute suite à un tel épisode.

Mais comment pouvons-nous intervenir efficacement chez les gens qui ont vécu une telle problématique? Comment diminuer les risques de rechute chez cette clientèle, et ce, de façon efficace et durable?

L’hypnose est sans aucun doute un outil peu connu, mais très efficace pour travailler cette problématique. Laissez-moi vous expliquer comment elle peut aider dans les cas d’épuisement professionnel!

 

L’épuisement professionnel

L’épuisement professionnel est un état de détresse psychologique directement relié au travail qui se caractérise par trois éléments déterminants soit, une très grande fatigue émotionnelle, une attitude de détachement envers le travail et une diminution importante  du sentiment d’accomplissement au travail.

Lorsqu’un épisode d’épuisement professionnel s’installe chez une personne, plusieurs symptômes peuvent laisser paraître cette problématique. En effet, nous retrouvons des symptômes tant sur le plan physique, émotif que psychologique.  Sur le plan physique, une personne souffrant d’épuisement professionnel peut ressentir de la fatigue généralisée, avoir des troubles digestifs, des maux de dos, des problèmes de peau, des maux de tête, des infections virales, de l’insomnie, de l’hypertension, etc. Sur le plan émotif, la personne peut ressentir de l’irritabilité, de l’impatience, du désespoir, une diminution de l’estime de soi, un sentiment d’incompétence, de l’anxiété, de la méfiance envers autrui, de la colère, de l’agressivité, etc. Pour ce qui est du plan intellectuel, il est possible de vivre des pertes de mémoire, des sentiments de confusion, des difficultés de concentration, des distractions, etc. Comme nous pouvons le constater, plusieurs symptômes peuvent annoncer l’apparition d’un épisode d’épuisement professionnel. Cependant, avant de passer de la détresse psychologique à l’épuisement professionnel, il faut que cette détresse ait été suffisamment longue et intense pour que la personne soit vidée de son énergie et qu’elle ne soit plus en mesure de fonctionner normalement dans son milieu de travail (Vinet, 2006).

Avant d’aller plus loin, il est important de faire une distinction entre le « burnout » et la dépression, car nous confondons régulièrement ces deux problèmes de santé mentale. Selon l’Association canadienne pour la santé mentale, la dépression est un trouble de l’humeur pouvant être provoqué par plusieurs facteurs dont, entre autres, des facteurs d’ordre biologique, psychologique et/ou sociaux. Les principaux symptômes que nous retrouvons chez les personnes souffrant de dépression sont de la fatigue, une perte d’énergie, une perte d’intérêt pour les activités quotidiennes, un sentiment de dévalorisation, des difficultés de concentration, etc. Les symptômes d’une dépression s’apparentent beaucoup à ceux de l’épuisement professionnel, mais dans le cas de ce dernier, le syndrome de détresse psychologique est davantage relié au travail.

L’épuisement professionnel est un élément difficile à cerner, car comme mentionné précédemment, il ressemble beaucoup à un épisode de dépression. Cependant, nous pouvons avancer que quand un tel problème de santé se développe, la personne elle-même et son environnement de travail sont généralement mis en cause. Lorsque nous parlons de la personne elle-même, nous parlons davantage, au niveau intrinsèque, de ses traits de personnalité, de ses expériences passées, de ses valeurs, de sa capacité à gérer le stress et de son état général. Lorsque nous abordons son environnement de travail, nous parlons plutôt du contexte organisationnel, du type de gestion, des changements organisationnels, de l’insécurité d’emploi, de l’absence de reconnaissance, de conflits en milieu de travail, du manque de soutien de la part de l’employeur, etc.

Un tel état ne s’installe pas du jour au lendemain. En effet, il s’installe tranquillement, et ce, en fonction de quatre facteurs bien distincts. Le premier est l’idéalisme. À cette étape, la personne a beaucoup d’énergie, elle est en forme et elle est extrêmement ambitieuse. Elle a des objectifs très élevés et met beaucoup d’énergie sur son travail. Le deuxième est celui du plafonnement, où la personne se rend compte que malgré tous les efforts qu’elle a mis dans son travail, malgré toute l’énergie qu’elle a déployée, elle n’a pas atteint ses propres objectifs et ceux de l’organisation. Les efforts qu’elle a faits n’ont pas été reconnus à leur juste valeur. Afin d’obtenir la reconnaissance qu’elle souhaite, la personne mettra encore plus d’efforts qu’auparavant dans son travail. Elle pourra se mettre à faire plus d’heures par semaine, à travailler les soirs et les fins de semaine, et ce, dans le but de satisfaire aux exigences de son emploi. Le troisième facteur  est celui de la désillusion. À ce stade, la personne est fatiguée, déçue, découragée. Elle n’a pas encore obtenu la reconnaissance escomptée. Cela commence à avoir des impacts importants sur son moral. En effet, elle est de plus en plus impatiente, émotive et irritable. Finalement, arrive le quatrième facteur qui est la démoralisation. À ce stade, la personne est au bout du rouleau. Elle en a assez. Elle a perdu tout intérêt pour le travail, pour ses relations interpersonnelles, pour tout ce qu’elle aimait auparavant. Elle n’est plus capable de travailler. À ce stade, l’épuisement professionnel est bien installé et nous parlons assurément d’arrêt de travail.

 

La reconstruction

La reconstruction suite à une problématique d’épuisement professionnel est très difficile, car certaines personnes ont connues une détérioration profonde de leur état de santé mentale. En effet, certaines n’étaient plus en mesure de sortir de la maison, d’autres n’étaient plus capable de réaliser de simples tâches quotidiennes comme faire la vaisselle, alors que d’autres n’étaient plus capable de lire un simple journal. Ce genre d’épisode laisse des traces importantes et certaines personnes peuvent même garder des séquelles. En effet, certaines d’entre elles se fatigueront beaucoup plus facilement, elles auront plus de difficulté à se concentrer et certaines auront même des problèmes de mémoire. De plus, certaines personnes, avant le retour au travail, se sentiront plus vulnérables, plus fragiles, même menacées par le risque de rechute. D’ailleurs, il n’est pas rare de voir des travailleurs quitter leur emploi par peur de vivre une rechute. Ils ont peur de revivre les mêmes difficultés en emploi et de ne pas être en mesure de passer au travers une seconde fois. La seule solution devient de ne pas retourner dans le même milieu.

Dans le but de se reconstruire, la majorité des personnes ont pris des médicaments (antidépresseurs) et quelques personnes ont entamé un processus psychothérapeutique de courte durée (approximativement six rencontres). D’autres ont réalisé un suivi plus long, sur une base régulière. Les gens qui ont fait une psychothérapie de longue durée ont manifesté des commentaires positifs face au processus thérapeutique et à l’aide reçue. Cependant, ceux-ci stipulaient que l’aide reçue n’avait que très peu fait mention de l’organisation et de la reconstruction face au retour au travail (Saucier, 2003).

Il est difficile d’amener une personne à se reconstruire efficacement et durablement, car un épisode d’épuisement professionnel laisse des traces profondes. Plusieurs formes de thérapie sont dites bénéfiques pour venir en aide aux individus ayant vécu un tel épisode, mais actuellement, aucune technique n’est réellement efficace pour faire complètement disparaître toute trace d’inquiétude, de peur et de stress. Ces personnes restent toujours habitées par une certaine fragilité, vulnérabilité. Cela rend donc le retour au travail très ardu et les chances de rechute sont importantes.

 

​Le retour au travail

Comme mentionné précédemment, le retour au travail est une étape difficile, plus particulièrement pour les travailleurs qui ont vécu une détérioration importante de leur état de santé mentale. Quand une personne se relève d’un tel événement, elle est plus fragile, plus craintive, plus vulnérable, et ce, peu importe si elle a été en arrêt de travail durant deux semaines ou bien six mois. Malheureusement, les risques de récidive suite à un épisode d’épuisement professionnel sont plutôt élevés. Cela dépendra de plusieurs facteurs dont, entre autres, du travailleur lui-même et de ses perceptions face à son état et face à son retour au travail. Tout ce qui a déjà été vécu et qui est désormais enfoui dans le subconscient peut resurgir à n’importe quel moment, et ce, simplement en revivant certaines situations, émotions ou sensations qui étaient associées à l’événement déclencheur. Par exemple, dans le cas d’une personne ayant vécu un épisode d’épuisement professionnel, si elle retourne en emploi et qu’elle travaille à nouveau sur les mêmes dossiers, que son patron manifeste toujours à son égard les mêmes comportements ou qu’elle revit n’importe quelle situation que son subconscient a associé à l’événement traumatique, elle peut se remettre à ressentir les mêmes émotions qu’elle a ressenties lorsque l’état d’épuisement s’est installé et par le fait même, elle peut rechuter à n’importe quel moment.

Par l’hypnose, il est possible d’éviter une telle rechute et de dépasser les résistances et les blocages d’une personne ayant vécu un épisode d’épuisement professionnel. En effet, l’hypnose est un outil d’intervention très efficace pour résoudre les problématiques d’ordre psychique. Selon Corinne Van Loey (2011), l’hypnose est particulièrement efficace pour traiter les symptômes et les difficultés rencontrées par les personnes ayant vécu des problématiques importantes, des sortes de traumatismes, tel un cas d’épuisement professionnel.

L’état hypnotique provoqué par les techniques d’induction permet une certaine dissociation avec l’événement traumatique. L’hypnose permet de revivre l’événement difficile dans un contexte différent, dans une atmosphère de sécurité. L’hypnose va permettre à la personne de modifier l’empreinte négative que l’événement a laissée et de provoquer des changements au niveau émotionnel. L’hypnose apportera une modification importante au niveau des représentations que la personne a de l’événement, de son état actuel et de ses craintes face à son retour au travail, et ce, en changeant la tournure des évènements ayant provoqué l’épisode d’épuisement professionnel. Selon Corinne Van Loey (2011), « L’événement a eu lieu, c’est indiscutable, mais ni sa représentation ni la sensation corporelle associée ne seront plus les mêmes. Il y a un avant et un après. L’efficacité de l’hypnose tient au fait qu’elle permet de modifier les représentations et de remettre du mouvement là où les choses se sont arrêtées ».

Comme nous pouvons le constater, l’hypnose permet de modifier des pensées, des résistances, des blocages en reprogramment  le subconscient. Dans le cas qui nous occupe, cette technique d’intervention viendrait sans aucun doute modifier les craintes, les inquiétudes et la vulnérabilité d’une personne ayant vécu un épisode d’épuisement professionnel. Ces changements transformeraient les empreintes négatives laissées par l’événement traumatique en empreintes positives. La personne pourrait donc se mettre à ressentir de la motivation, de la force et peut-être même de l’enthousiasme face à son retour au travail. Toutes les émotions négatives reliées à l’événement déclencheur seraient du passé, car une nouvelle programmation serait installée dans le subconscient de la personne. Cela faciliterait de beaucoup son retour au travail, car toutes les craintes, les inquiétudes et l’angoisse qui étaient associés à ce retour se seraient dissipées.

 

Conclusion

Comme mentionné précédemment, l’hypnose pourrait sans aucun doute apporter des changements bénéfiques chez une personne qui a vécu un épisode d’épuisement professionnel, et ce, en modifiant l’empreinte négative que l’événement déclencheur a laissé dans le subconscient. Cette modification aurait assurément des impacts positifs sur le retour au travail de la personne puisqu’elle serait en quelque sorte libérée de ses craintes, de son stress et de sa vulnérabilité. Cela viendrait sans aucun doute diminuer les risques de rechute lors du retour au travail puisque la personne serait libérée de ses empreintes négatives et pourrait repartir sur des bases solides.

Toutefois, il est impossible de dire avec certitude que l’hypnose provoquera des changements chez tout le monde. En effet, étant donné qu’un état modifié de conscience peut être provoqué seulement lorsqu’une personne est bien détendue et relaxée et que le subconscient peut accepter ou refuser les suggestions qui lui sont faites, il est difficile de dire sans l’ombre d’un doute que l’hypnose sera  une technique efficace pour tous les gens qui l’utiliseront suite à un épisode de « burnout » puisque chaque personne réagit différemment à l’hypnose. À titre d’exemple, une personne très anxieuse, qui a beaucoup de difficulté à se relaxer, pourrait difficilement lâcher prise et entrer en état hypnotique puisqu’un tel état est provoqué seulement lorsqu’une détente s’installe au niveau du corps et de l’esprit. Une autre personne, qui retire des bénéfices de son état d’épuisement professionnel, pourrait entrer facilement en état modifié de conscience, mais ne pas accepter les suggestions qui lui sont faites dans le but de repousser son retour au travail. Plusieurs éléments peuvent venir influencer les résultats d’une telle approche d’intervention. Comme mentionné plus haut, chaque personne réagit différemment à l’hypnose et cela représente une autre limite importante aux résultats pouvant être obtenus grâce à cette technique.

​Malgré tout, gardons en tête que l’hypnose est une technique hors du commun qui peut procurer des résultats très satisfaisants!